top of page

Individualiser sans diviser : ce que l’enjeu générationnel change vraiment dans l’expérience collaborateur

  • 26 avr.
  • 3 min de lecture
Prendre le temps de partager avec les équipes, pour une expérience collaborateur optimisée - Conférence Frédérique Jeske
Prendre le temps de partager avec les équipes, pour une expérience collaborateur optimisée - Conférence Frédérique Jeske

Je suis toujours frappée par la même chose lorsque j’interviens en entreprise : ce ne sont pas les générations qui s’opposent… ce sont les représentations qui les séparent.

On parle beaucoup d’expérience collaborateur. On investit dans des outils, des plateformes, des dispositifs RH.

Et pourtant, selon Gallup, seuls 8 % des salariés français se déclarent engagés.Ipsos montre que 58 % estiment que leur rapport au travail a profondément changé.

Ce que je constate sur le terrain confirme ces chiffres : les attentes ont évolué plus vite que les organisations.

Et au cœur de ce décalage, il y a un sujet que nous traitons encore trop superficiellement : la question générationnelle.

 

Ce ne sont pas les générations qui posent problème

Quand je réunis dans une même salle des jeunes recrues, des managers trentenaires, des cadres en pleine accélération et des salariés expérimentés en deuxième partie de carrière, je vois d’abord des regards prudents.

Chacun arrive avec ses idées reçues.

Les jeunes pensent que les seniors vont freiner. Les seniors pensent que les jeunes manquent de loyauté. Les managers redoutent les tensions silencieuses.


Puis nous travaillons ensemble. Et très vite, quelque chose se passe. Les aspirations se rejoignent.

Tous veulent comprendre le sens de leur travail. Tous veulent être respectés. Tous veulent continuer à apprendre.

Les chiffres du baromètre USKOA le confirment :

84 % des salariés jugent l’engagement sociétal de leur entreprise important.

90 % considèrent la formation indispensable.

82 % estiment que la flexibilité améliore leur équilibre de vie.

Ce n’est pas générationnel, c’est structurel.

L’INED rappelle d’ailleurs que les différences à l’intérieur d’une même génération sont souvent plus fortes qu’entre générations.

Alors pourquoi persistons nous à penser l’expérience collaborateur par tranches d’âge ?

 

Le vrai basculement de l'expérience collaborateur : les moments de vie

Ce que je vois évoluer depuis plusieurs années, ce n’est pas l’âge des collaborateurs, c’est leur rapport à la vie.

Un salarié de 28 ans peut être épuisé par une charge familiale. Un collaborateur de 57 ans peut avoir une énergie entrepreneuriale incroyable .Un manager de 40 ans peut être en quête de sens aussi profondément qu’un jeune diplômé.

L’entreprise continue parfois à proposer une expérience standardisée, mais les trajectoires ne le sont plus.

C’est là que l’enjeu générationnel devient stratégique : non pas pour catégoriser, mais pour comprendre les dynamiques de parcours.

 

Individualiser sans casser le collectif

La question que l’on me pose souvent est la suivante :“Si on individualise trop, est-ce qu’on ne va pas fragmenter l’entreprise ?”

C’est une vraie question.

L’égalité uniforme ne fonctionne plus, mais l’hyper personnalisation peut créer des silos invisibles.

Ce que j’observe, c’est que la clé se situe dans ce que j'appelle l’équité différenciée : adapter les dispositifs aux moments de vie tout en renforçant les espaces communs.


Dans notre Baromètre intergénérationnel Uskoa, 95 % des salariés souhaitent davantage d’actions favorisant la coopération entre générations.

Ils ne demandent pas à être traités à part. Ils demandent à mieux travailler ensemble. C’est une nuance essentielle.

 

L’IA : révélateur ou accélérateur ?

L’arrivée de l’IA générative rend ce sujet encore plus sensible.

Je vois des équipes où les plus jeunes maîtrisent spontanément certains outils.Je vois aussi des salariés expérimentés qui s’en emparent avec une puissance stratégique remarquable.

L’IA peut creuser des écarts, mais elle peut aussi créer des alliances inattendues.

Mentorat inversé, Apprentissage collectif, Hybridation des expertises.

Tout dépend du cadre managérial et du climat de sécurité psychologique.

 

Ce que je crois profondément

Je défends depuis des années une conviction simple : la performance durable est intergénérationnelle.

Elle naît de la rencontre entre l’expérience et la nouveauté. Entre la mémoire organisationnelle et l’audace. Entre la stabilité et l’expérimentation.

L’expérience collaborateur n’est pas une politique RH. C’est une expérience relationnelle.

Et cette expérience se construit dans la manière dont nous regardons l’âge.

En 2035, les carrières seront plus longues. Les collectifs plus mixtes. Les technologies plus omniprésentes. L’entreprise qui saura individualiser intelligemment sans diviser disposera d’un avantage immense.

Ce ne sont pas les générations qui font la différence, c’est la qualité du lien que nous construisons entre elles. Et c’est là, à mon sens, que se joue l’avenir de l’expérience collaborateur.

 

Contactez moi pour en parler ! Contact


Commentaires


bottom of page